Apnée du sommeil 1/2 – Qu’est-ce que c’est ?

connaître l'apnée du sommeil

« Chéri, tu ronfles ! »  Voilà ce que je m’entendais dire par mon épouse plusieurs fois par nuit… Puis à la lecture d’un article qui parlait de l’apnée du sommeil ou SAOS (Syndrome d’Apnée Obstructive du Sommeil), j’ai reconnu plusieurs symptômes qui m’ont fait suspecter l’apnée du sommeil: réveil fatigué le matin, maux de tête en augmentation, somnolence dans la journée. Je suis donc allé voir le Doc pour avoir son avis.

D’abord les ronflements… De plus en plus fréquents.

Vous avez peut-être comme moi, une tendance à avoir le nez bouché. Des lavages à l’eau salée des deux narines avant le coucher améliore les choses, mais c’est transitoire. La nuit, la respiration nasale est donc difficile. On va alors respirer par la bouche.

Si vous passez la pointe de votre langue sur le palais, vous vous apercevez que le devant est dur et l’arrière est mou, c’est le voile du palais. Dans son prolongement, un morceau de chair qui pend en forme de goutte : la luette. Parfois, ces parties molles sont un peu grasses… Trop grasses !!! Elles ralentissent le passage de l’air qui les fait alors vibrer : c’est le ronflement ! Pauvres femmes : passé 45 ans, 60% des hommes ronflent.

 

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

Ce n’est ni plus ni moins qu’une évolution dangereuse des ronflements. On trouve quelques apnées du sommeil dues à un dysfonctionnement du cerveau dans la commande respiratoire mais elles sont rares. Dans 90% des cas, elles ont dites obstructives car le passage de l’air au niveau du pharynx est obstrué par les tissus mous du palais. Pour les mêmes raisons que dans les ronflements, en pire…

Il en résulte des arrêts respiratoires, pendant lesquels le dormeur va lutter contre la sensation d’étouffement, pendant une durée allant de 10 secondes jusqu’à une minute. Le problème, c’est que ces arrêts respiratoires à répétition vont fatiguer le système nerveux qui permet au pharynx de se dilater pour laisser l’air passer. L’apnée est donc appelée à empirer au fil des ans si elle n’est pas traitée.

Ces arrêts respiratoires vont diminuer l’oxygénation du sang (on parle d’hypoxémie), et provoquer de très nombreux micro-réveils voire de vrais réveils dans les phases plus longues, avec sensation d’étouffement. Le sommeil n’est donc pas réparateur, et on arrive aux signes qui mettent la puce à l’oreille : fatigue chronique dès le réveil, somnolence, maux de tête plus fréquents, troubles de la concentration, sommeil agité, sueurs nocturnes…

Si vous présentez vous aussi les mêmes signes, vous êtes probablement en surpoids (même modéré), vous êtes sans-doute assez sédentaire, peut-être stressé… Rajoutez le tabac et une consommation d’alcool le soir (un simple verre de vin rouge), et vous avez tous les facteurs de risque essentiels pour développer une apnée du sommeil…

Rendez-vous chez votre médecin pour le diagnostic !

 

Comment se diagnostique l’apnée du sommeil ?

Votre médecin traitant doit d’abord prendre au sérieux vos ronflements. Une première recherche de polypes nasaux ou de cloison nasale déviée est déjà une piste. Devant la description de vos troubles la journée, il doit ensuite penser à utiliser le test d’Epsworth.

Télécharger ici un exemplaire de l’ Echelle D’Epworth, tirée du site Sommeil et Médecine Générale.

Si le résultat confirme la suspicion d’apnée du sommeil, vous allez être orienté vers un médecin spécialiste, en général un pneumologue, spécialisé dans les pathologies du sommeil. Celui-ci va vous faire passer un monitorage à domicile, pendant une nuit. C’est ce que l’on appelle un examen polygraphique.

Vous aurez plein d’électrodes autour du torse et de l’abdomen, un petit boitier à la ceinture pour enregistrer les données, un capteur d’oxymétrie au bout du doigt ainsi qu’un capteur nasal pour mesurer le passage de l’air. A charge pour vous de trouver le sommeil… Je vous garantis que ce n’est pas facile !

Tout cet attirail va permettre d’enregistrer :

  • le nombre de réveils et micro-réveils.
  • le temps passé en position dorsale, latérale.
  • le nombre d’arrêt respiratoire (apnée) ou diminution de 50% de la respiration (hypopnée).
  • la durée de chaque apnée ou hypopnée.
  • le taux d’oxygène dans le sang et ses variations.
  • le fonctionnement du cœur.
  • le temps de ronflement.
  • le volume sonore du ronflement.

Certains centres du sommeil dans lesquels vous pouvez être adressé pour le dépistage préféreront l’examen polysomnographique. Cet examen enregistre en plus:

  • les mouvements rapides des yeux pour détecter le sommeil paradoxal.
  • les tracés de l’activité du cerveau.
  • les mouvements des muscles du menton.

 De toutes ces données sera déduit l’ I.A.H. (Indice  d’Apnées Hypopnées) qui détermine le nombre d’arrêts respiratoires complets ou diminution de la respiration de 50% par heure.

Ça y est ! Vous savez si vous souffrez d’apnée du sommeil ou non. Les résultats sont classés en 3 catégories.

  • Si l’indice est compris entre 5 et 15, le SAOS est léger.
  • Entre 15 et 30, il est d’intensité modérée.
  • Au-delà de 30, c’est un SAOS sévère qui nécessite un traitement spécifique, pris en charge par la Sécurité Sociale.

Pour la petite histoire, mon examen avait donné un I.A.H de 7.1 par heure. J’étais donc au début de la catégorie légère. Après avoir pris de bonnes résolution, afin d’améliorer mon hygiène de vie,  les réveils avec sensation d’étouffement ont complètement disparu. Et j’ai retrouvé tout mon tonus au cours de la journée.

Dans le deuxième article consacré à l’Apnée du Sommeil, je vous parlerai des risques et complications liés à cette maladie si elle n’est pas traitée, et des différentes possibilités de traitement qui existent. Vous aurez aussi tous les conseils à suivre pour améliorer votre hygiène de vie afin d’éviter qu’elle se développe si vous avez un profile à risque, et qui m’ont permis personnellement de retrouver mon tonus et un sommeil réparateur.

Si vous aussi présentez plusieurs des symptômes décrits au début de l’article, dites-moi dans les commentaires ci-dessous si vous les avez pris au sérieux et si vous avez consulté votre médecin. Ou avez-vous négligé vos problèmes en mettant votre fatigue sur le compte du stress?

 

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