Engourdissements, fourmillements dans les bras : respirez !

fourmillements dans les bras

Avez-vous déjà souffert des fourmillements dans les bras ? C’est accentué la nuit, ou au repos. Vous ne supportez plus les positions statiques. Vous allez chez votre médecin et vous ressortez avec des anti-inflammatoires, une radio, et bien souvent… de l’arthrose. Et puis après ? Si vous avez vécu cette situation, vous savez qu’une fois le traitement anti-inflammatoire terminé, les fourmis attaquent à nouveau ! Dommage…

Les fourmillements dans les bras apparaissent lorsque des nerfs sont « excités » par un contact anormal : arthrose, hernie discale… Les engourdissements des bras apparaissent eux lorsqu’un vaisseau est plus ou mois comprimé sur son trajet.

 

Quel est le rôle du médecin ?

Ne lui jetons pas la pierre. Le rôle de votre médecin est de poser le diagnostic. Comme il est prudent, il va vous faire passer une radio des cervicales, pour écarter un problème important (tumeur, hernie discale…). Et on vous découvre de l’arthrose cervicale.

Mais vous, ce sont les fourmis dans les épaules et les bras qui vous font mal ? Ce n’est pas le cou ? Pensez-vous que votre arthrose cervicale soit la principale responsable de vos douleurs ?

Parfois, un médecin plus consciencieux ou inquiet vous prescrit un EMG, comprenez électro-myo-gramme. C’est un examen assez désagréable qui consiste à envoyer de petits courants électriques dans vos nerfs. Pour schématiser, cela sert à savoir si un nerf est comprimé et à quel niveau. Il peut aussi vous faire passer un échodoppler. Cette fois-ci, on veut savoir si des vaisseaux sont comprimés.

Entre temps, vous avez consommé des anti-inflammatoires, car c’est ce que le médecin a appris à prescrire quand il y a des douleurs. Votre estomac résiste ? Tant mieux.

Aïe, aïe, aïe… Les fourmis reviennent ! Vous retournez chez votre médecin. Un peu désemparé, il vous dit qu’on a rien trouvé de grave, que c’est probablement l’arthrose… et le stress ! Alors, il vous prescrit des séances de kinésithérapie pour vous faire masser.

 

Rendez-vous chez votre kiné :

La plupart du temps, votre kiné va  vous accueillir à bras ouverts, vous trouver une petite place dans la salle n°4, vous installer de la chaleur et des électrodes pendant 20 ou 30 minutes, puis vous masser pendant 10 minutes en parlant du temps. Vous êtes enfin soulagé(e)… mais pas très longtemps en fait ! Vos fourmillements dans les bras vont devenir fidèles.

Parfois votre kiné vous examine sous toutes les coutures et va travailler différemment. Il va vous étirer, prendre le temps de vous masser, mais pas que le cou. Son approche manuelle va vous surprendre : il a tout compris et vous allez enfin retrouver des nuits sereines ! C’est aussi le type d’approche de l’ostéopathe.

 

Mais qu’a compris ce kiné? Explications…

Lorsque le médecin vous parle d’arthrose, il n’est pas toujours convaincant. En effet, l’arthrose semble être une raison « standard » qui permettrait de (presque) tout expliquer.

En revanche, si il vous parle de stress (deuxième raison la plus invoquée), il n’a pas forcément tort. On constate que chez la plupart des patients souffrant de fourmillements ou d’engourdissements des bras, la respiration est très perturbée. Et parfois, certains organes digestifs sont eux aussi incriminés…

 

Quel est le rapport respiration/fourmillements, engourdissements?

Vous le savez sans-doute, le diaphragme est le muscle respiratoire principal. Il assure 70% de votre respiration, c’est dire si il est important. Pour faire court, le diaphragme est « posé » sur l’estomac, le foie et par le biais de ce dernier, la vésicule biliaire. Lorsque vous inspirez, votre diaphragme s’ étale et s’ appuie sur l’estomac, le foie et indirectement la vésicule biliaire.

Vous avez sûrement déjà entendu parler de calculs biliaires. Très douloureux, ce problème se manifeste par la présence de « petits cailloux » dans la vésicule. Le diaphragme ne va donc pas pouvoir s’ étaler en appuyant sur le foie. Même chose en cas « d’engorgement du foie ». Ce serait trop douloureux…

En cas d’ hernie hiatale, la partie haute de l’estomac traverse un petit orifice du diaphragme en remontant dans l’œsophage. Des relents d’acidité provoquent des sensations de brûlures. Là aussi, vous allez inconsciemment limiter le mouvement du diaphragme.

 

Sur le dessin ci-dessus, schématisant une hernie hiatale, on aperçoit la forme du diaphragme qui s’appuie sur le foie en marron du côté droit et l’estomac couleur rose chair du côté gauche du ventre.

 

Mais alors, si ce muscle qui assure 70% de votre respiration ne peut plus travailler, êtes-vous condamné(e) à étouffer? Même pas ! Il reste les 30% de votre respiration assurés par les muscles dits « inspirateurs accessoires ». Ils portent des noms barbares. Pour ceux qui nous intéressent, ce sont les: scalènes, petit pectoral, grand pectoral, et le sterno-cleïdo-occipito-mastoïdien (à vos souhaits !).

 

Allez, j’essaie de vous faire comprendre:

Les muscles cités ci-dessus sont accrochés autour du cou et des épaules. Ils s’appellent « inspirateurs accessoires » ce qui veut dire qu’ils ont d’autres fonctions que la respiration. Concernant la respiration, ils sont juste là pour aider le diaphragme… lorsqu’il est en pleine forme! Ils n’assurent que 30% de la respiration environ.

En cas de défaillance du diaphragme, ils prennent le relais et travaillent tout le temps ! Que se passe-t-il quand vous faites travailler toujours le même muscle ? Il se contracture, c’est à dire qu’il ne se relâche plus, il reste tendu, donc volumineux et rigide. C’est ce qui arrivent à vos inspirateurs accessoires.

Les nerfs et les vaisseaux dont je vous parlais au début sont des structures nobles, souples et fragiles. Leur trajet au niveau du cou et des épaules les amène à croiser les muscles inspirateurs accessoires. Quand ceux-ci sont contracturés, leur rencontre est rude : les vaisseaux de la circulation sanguine se coudent comme votre tuyau d’arrosage, et le débit sanguin est ralenti. Vous ressentez alors les engourdissements ou les fourmillements dans les bras !

Pour les nerfs, c’est la même chose. Ce sont comme de petits câbles électriques, avec très très peu d’extensibilité ! Ils circulent depuis la colonne vertébrale au niveau du cou jusqu’ à votre main. Si ils sont coudés par des muscles inspirateurs accessoires trop rigides, le mouvement du bras ou de la tête va les exciter… Ils se vengent en provoquant l’invasion de fourmis !

 

Quelle est la solution ?

Si vous êtes confronté(e) à ces problèmes, vous avez avalé vos anti-inflammatoires, qui vous ont soulagé le temps de la cure. Votre premier masseur-kinésithérapeute, lui, vous aura permis quelques heures de répit par ses massages du cou. Ceux-ci, couplés à la chaleur, ont diminué les contractures des inspirateurs accessoires, les rendant plus souples et moins agressifs. Puis ça recommence.

La solution c’est de consulter un ostéopathe ou un kinésithérapeute qui pratique des thérapies manuelles. L’un comme l’autre vont tester votre diaphragme. Si celui-ci est perturbé, ils vont chercher la raison au niveau du ventre… ou au niveau du stress !

Si besoin, ils travailleront sur vos viscères ou aideront le médecin à élargir le diagnostic du problème. Leur travail en profondeur va permettre de normaliser le diaphragme. En cas de stress, vous pourrez pratiquer des activités relaxantes : sophrologie, QI-gong, yoga… Vous pourrez aussi demander de l’aide à un psychologue ou un psychiatre.

 

Enfin guéri(e) !

Ça y est ! Votre bon fonctionnement digestif est rétabli. Vous apprenez à gérer votre stress. Reprenez maintenant le contrôle de votre diaphragme. Prenez 10 minutes tous les jours pour travailler votre respiration.

  • allongez-vous sur le dos, sans ceinture ni col serré.
  • posez une main sur votre ventre et l’autre sur votre poitrine.
  • inspirez en gonflant d’abord votre ventre, puis la poitrine : vous devez sentir la décomposition avec vos deux mains. Pratiquez plusieurs cycles.
  • mettez maintenant vos deux mains latéralement,  sur les côtes, sous les aisselles. Inspirez à fond pour sentir les côtes qui s’ écartent.
  • lorsque vous sentez le bas des côtes s’ écarter, c’ est que votre diaphragme a réappris à s’ étaler vers le bas, sur les organes du ventre. Vos inspirateurs accessoires vont pouvoir se reposer… et les massages du cou et des épaules auront un effet durable !

Voilà! Dans cet article, j’espère avoir réussi à vous faire comprendre l’intérêt d’une bonne respiration lorsque vous souffrez de fourmillements ou d’engourdissements dans les bras. Si vous avez des troubles débutants, il est fort possible que le travail respiratoire suffise à les éliminer. Si ceux-ci sont installés, il faudra évoquer ce trouble respiratoire avec votre médecin et votre kiné. Il est impératif de retrouver une bonne respiration !

Dites-moi dans les commentaires ci-dessous si vous avez déjà souffert de fourmillements ou d’engourdissements dans les bras. Le problème a-t-il duré longtemps ? Vos thérapeutes ont-ils évoqués cette possibilité de problème diaphragmatique avec vous ?

2 Comments

  • perrot

    Reply Reply 1 février 2016

    merci bcp pour toutes ces explications….je me rends compte que c’est ma respiration qui me donne des fourmillements et peut être des brûlures d’estomac…..je vais donc apprendre à respirer. Merci

    • Jean-Philippe

      Reply Reply 1 février 2016

      Bonsoir, et merci pour votre commentaire. Et oui ! La respiration n’est-elle pas le moteur de la vie ? Beaucoup de problèmes différents sont dus à une mauvaise respiration… C’est quelque chose qu’il faut apprendre à maîtriser !

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