Huile essentielle d’eucalyptus : oui… mais laquelle ?

huile essentielle d'eucalyptus
On peut faire beaucoup de choses avec l’huile essentielle d’eucalyptus…
Mais au fait, vous préférez laquelle ? Globulus ou Radiata ? Ou peut-être est-ce Citriodora… À moins que ce ne soit Smithii… Oui c’est un joli petit nom ça, Smithii ! Moi j’aime bien.
Bon, OK, vous avez compris, il y a Eucalyptus et Eucalyptus… Et si il y en a plusieurs, ce n’est pas par hasard, il y a des raisons. Et donc il faut choisir la bonne huile essentielle d’Eucalyptus ! Ne pas se tromper car les effets ne sont les mêmes… et les risques non plus !
Petite explication.

 

Un si bel arbre…

Peut-être ne le connaissez-vous pas, mais l’eucalyptus est un arbre majestueux, de la famille des myrtacées, tout comme le giroflier, le niaouli ou encore le goyavier.

En fait, je ne devrais pas parler de l’eucalyptus, mais plutôt DES eucalyptus… Originaires d’Australie, ses plus de 600 espèces dominent 95% des forêts ! Impressionnant non ? Les plus petits d’entre eux forment des buissons de moins de 4 mètres de haut, alors que les plus grandes espèces peuvent atteindre jusqu’à 90 m !

Dès lors, avec 600 espèces, il est facile de comprendre qu’il n’y a pas une seule huile essentielle, pas vrai ? D’autant plus que ces arbres ont été ensuite implantés dans des endroits aussi diversifiés que : le Portugal, l’Afrique du Nord, Madagascar, la Réunion, Mayotte, l’Afrique du Sud, la Californie, l’Amérique du Sud (Pérou, Chili, Argentine, Brésil)… et j’en passe ! La diversité des sols sur lesquels les eucalyptus poussent entraîne nécessairement des diversités de composition chimique. Tout comme les différences de saison, de climat, etc…

 

Tout est histoire de chémotype…

Est-ce que ces noms chimiques vous parlent : 1.8 cinéol (ou eucalyptol), terpinène, géraniol, alpha-terpinéol, citronellol, citronellal…

Peut-être êtes-vous déjà familiarisé avec cette notion mais en aromathérapie, elle est fondamentale. Le chémotype d’une huile essentielle est une information supplémentaire qui, associée au nom scientifique, permet de savoir avec précision quelles sont les molécules actives qui sont majoritaires dans l’huile en question.

Cette constitution biochimique est variable en fonction du biotope dans lequel la plante a poussé. Et vu les plus de 600 espèces qui poussent sur les différents continents, autant vous dire que la nature des sols, les plantes voisines, les conditions climatiques sont très, très variables.

Les huiles essentielles obtenues à partir de ces arbres auront donc des composition sensiblement différentes, avec des effets thérapeutiques différents et des risques toxiques différents ! D’où l’importance de ne pas se tromper.

De l’huile essentielle d’eucalyptus n’est pas de l’huile essentielle d’eucalyptus, si vous me suivez… Alors que certaines peuvent être utilisée avec parcimonie chez les femmes enceintes ou les nourrissons, d’autres sont abortives (risque d’avortement spontané !) ou neurotoxiques (toxicité dans le développement neurologique).

De plus leurs fragrances sont très différentes. Les unes et les autres ne plairont pas à tout le monde, et n’auront pas les mêmes effets au niveau psychologique et énergétique.

Voilà, cette notion peut paraître rébarbative, mais elle a toute son importance en thérapeutique. Voyons ensemble quelques unes des huiles essentielles d’eucalyptus les plus utilisées.

 

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En voici quelques unes que vous devriez connaître :

 

Eucalyptus Globulus :

C’est clairement l’une des plus utilisées. Mais aussi l’une des plus dangereuses…

Cette huile essentielle contient plus de 70% de 1.8-cinéol. Jusque là, rien d’alarmant, c’est aussi la molécule majoritaire de l’Eucalyptus Radiata, la plus douce…

Mais l’Eucalyptus Globulus contient aussi des cétones mono-terpéniques qui présentent de gros risques. Leur neurotoxicité et le risque de spasme du larynx (pouvant entraîner l’étouffement) en interdisent l’usage chez le bébé et la femme allaitante, ainsi que chez les asthmatiques…

De plus, leur action abortive empêche toute utilisation par la femme enceinte, quelque soit le stade de la grossesse ! Son utilisation est donc réservée aux enfants de plus de 7 ans et aux adultes.

En revanche, la combinaison de ces deux types de molécule à caractère mucolytique en fait un précieux allié dans les pathologies hivernales avec toux grasse (bronchite, grippe…) mais aussi dans les problèmes de nez bouché.

Vous pourrez l’utiliser en massage de la poitrine, diluée à 20% dans une huile végétale. Mais vous pourrez aussi l’utiliser par olfaction en déposant 1 à 2 gouttes sur un coin de mouchoir à respirer de temps en temps. Si vous souhaitez la diffuser en atmosphère, mélangez-la à une autre huile (Niaouli et Menthe Poivrée par exemple).

 

Eucalyptus Radiata :

Son chémotype révèle là encore la forte présence de l’eucalyptol ou 1.8 cinéol (60 à 70%). Cet oxyde terpénique aura donc les mêmes effets expectorants et mucolytiques avantageusement utilisés dans les cas de bronchite ou de grippe par exemple… Un massage de la région du thymus et des poumons aura un merveilleux effet !

Les alcools (terpinène 1,4-ol, l’alpha-terpinéol et le linalol) contenus dans l’huile essentielle d’Eucalyptus Radiata sont de nature à stimuler le système immunitaire en augmentant la teneur en immunoglobulines. Cette huile est donc antivirale et antibactérienne.

Extrêmement bien tolérée à l’état pur sur la peau (notamment grâce à la présence des monoterpénols), il est possible de l’utiliser diluée à 50% dans une huile neutre chez les nourrissons à partir de 3 mois pour enrayer une affection virale débutante (Dominique Baudoux – « L’Aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles » – Éditions Amyris). Toutefois l’usage prolongé est proscrit.

Au niveau psychique, cette huile permettra de redonner courage aux personnes fatiguées, surmenées… Très utile pour la concentration de celui qui doit étudier ou fournir un travail intellectuel intense.

 

Eucalyptus Citriodora :

Extrêmement utile au niveau thérapeutique, son chémotype révèle la présence d’environ 70% de citronellal (aldéhyde terpénique) en forte concentration.

Cette molécule a des propriétés calmantes, hypotensives, ce qui justifie son usage dans les problèmes d’hypertension notamment. Son action calmante s’exerce aussi sur les neuromédiateurs (molécules permettant le transfert d’informations nerveuses). À privilégier dans les périodes de « speed » !

Le citronellal a aussi des propriétés anti-inflammatoires et antalgiques :

… une tendinite ?

… une sciatique ?

… une crise d’arthrite ou d’arthrose ?

Alors ne négligez pas cette huile !!!

Elle contient aussi des alcools (citronellol et géraniol) qui ont des propriétés antibactériennes, fongicides et virucides. L’huile essentielle d’Eucalyptus Citriodora  peut donc être utilisée avec bonheur dans les problèmes de zona, prurit, mycoses cutanées, cystites, vaginites…

L’avantage de son chémotype ? Une bonne tolérance cutanée… Les aldéhydes terpéniques en interdisent l’utilisation pure, mais une dilution à 50% sera suffisante. Cette huile est néanmoins déconseillée dans les trois premiers mois de la grossesse.

Son odeur de citronnelle (étonnant, non ?) lui confère un effet répulsif intéressant sur les moustiques. En la diluant à 5% au lieu de 50%, on peut même l’utiliser en application cutanée sur les piqûres de moustiques chez le nourrisson.

 

Eucalyptus Smithii :

L’huile essentielle d’Eucalyptus Smithii peut contenir jusqu’à 85% de 1.8-cinéole. Elle est donc, comme Eucalyptus Globulus, fortement immuno-stimulante, expectorante, mucolytique et antivirale… Toujours l’alliée de nos hivers !

Le terpinène 1-4-ol (alcool mono-terpénique) permet une stimulation du système immunitaire.

L’alpha-pinène, le limonène et la paracymène (carbures mono-terpéniques) lui confère une action antifongique et bactéricide.

Quels sont les risques de cette huile ?

Seulement en diffusion par plage de 30 minutes maximales, et à hauteur de 20% maximum dans un mélange avec d’autres huiles essentielles, elle peut être utilisée par les femmes enceintes et les bébés.

En massage par voie cutanée, elle ne peut être utilisée que par les adultes et les enfants de plus de 7 ans. En outre, son utilisation est formellement déconseillée chez les personnes asthmatiques et épileptiques. Il est aussi déconseillé de l’utiliser en période où vous avez déjà un traitement médical.

Sur le plan émotionnel, psychique, c’est une huile extrêmement stimulante et positivante, très bénéfique pour les personnes nécessitant une forte concentration.

 

Eucalyptus Polybractea CT cryptone :

Sa richesse en cryptone qui est une cétone contre-indique son utilisation chez les enfants de moins de 7 ans, chez les femmes enceintes ou allaitantes.

Les terpènes (ici paracymène), les fameuses molécules stimulantes sur le plan général, sont déconseillées chez les personnes aux antécédents de convulsions infantiles ou épileptiques (http://www.chu-rouen.fr/page/terpenes). De manière générale, cette molécule est aussi contre-indiquée chez les jeunes enfants, même sans antécédents de convulsions…

Voilà déjà deux raisons de les interdire aux jeunes enfants ! Rien à voir avec l’eucalyptus radiata donc…

En revanche, sa composition en fait une huile de choix dans le traitement des infections urinaires et gynécologiques d’origine virale.

Dermocaustique à l’état pur, elle doit être diluée à 20% dans une huile végétale.

 

Et puis…

Eucalyptus Dives, Eucalyptus Staigeriana et d’autres encore. Toutes ne sont pas décrites ici tant elles sont nombreuses. Mais celles que je vous ai citées, vous les trouverez presque partout (pharmacies, boutiques bio, vente en ligne…)

Il est donc nécessaire de les utiliser correctement pour ne pas avoir de mauvaises surprises.

Ah, un dernier conseil : si vous achetez un livre, évitez ceux qui vous parlent d’huile essentielle d’eucalyptus tout court ! Vous avez compris maintenant que ça ne veut rien dire, et que donc, vous ne saurez pas quoi faire de la recette proposée.

En attendant :

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3 Comments

  • perrot

    Reply Reply 26 octobre 2016

    merci pour cet article , je ne faisais pas la différence, maintenant je ferais attention, merci.
    je crois que j’aurai une préférence pour la citriodorat

  • Jocelyne Bertazzo

    Reply Reply 10 novembre 2016

    super intéressant, mille mercis à vous.

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