Huiles essentielles : comment éviter leurs effets secondaires ?

Risques des huiles essentielles
 
Huiles essentielles… Ces substances végétales, 100 % naturelles (normalement !) sont pour certains dont je fais partie de véritables médicaments au sens noble du terme, tant leurs effets peuvent être puissants. Pour ses détracteurs, elles représentent le démon, à cause de leurs effets secondaires possibles. Mais pas de panique ! Même si pour certains cas plus complexes, il vaut mieux recourir aux compétences d’un aromathérapeute en direct-live dans on cabinet, il existe quand-même de nombreuses situations dans lesquelles vous pouvez tenter de vous en servir sans mettre votre santé en péril…
Et oui, la liste des effets secondaires des huiles essentielles n’arrive pas à la cheville de celle de la quasi-totalité des médicaments allopathiques… Il y a toutefois quelques consignes de sécurité à respecter pour éviter les (très) mauvaises surprises.

 

Huiles essentielles, une médecine douce ?

Ne vous méprenez pas ! Je ne le dirai jamais assez : l’aromathérapie (thérapie par les huiles essentielles ou les essences aromatiques) n’est pas une médecine douce ! C’est une médecine alternative… mais réellement puissante. Donc n’improvisez pas au risque d’avoir quelques mauvaises surprises.

Je vais partager avec vous les principaux effets secondaires dont les huiles essentielles peuvent être responsables. Je vous invite ensuite, lors de l’achat de vos flacons, à vous les procurer chez un pharmacien spécialisé. Certains  magasins de produits biologiques font parfois intervenir des professionnels de l’aromathérapie, par demi-journées, au sein même de leur rayon. C’est aussi un excellent moyen d’obtenir une information de qualité au moment de votre choix… Histoire de ne pas être déçu !

Voici donc les principaux effets secondaires des huiles essentielles.

 

1 – La réaction allergique :

Celle-ci est imprévisible lors de sa première survenue. Le meilleur moyen de l’éviter, c’est de faire le test… d’allergie ! Ha, ha, trop fort !

Bon concrètement, comment on fait ça ? Vous mélangez une goutte de l’huile essentielle à tester avec une goutte d’huile végétale neutre dans une petite cuillère. Puis vous déposez ce mélange dans le creux du coude. Attention, pour une huile dermocaustique (voir ci-dessous) vous devez augmenter la dilution : 1 goutte d’HE pour 4 gouttes d’huile végétale…

Maintenant, on patiente 48 heures… Non pas une de moins ! Les réactions allergiques ne sont pas forcément immédiates. 48 heures pendant lesquelles on surveille qu’il n’y ait pas apparition de démangeaisons, de boutons, ou de rougeurs accompagnées de gonflement. Vous observez l’un de ces signes ? Alors hop, au rebut. Vous n’utiliserez jamais cette huile essentielle, même très diluée…

Au passage, notez systématiquement quel type de réaction vous avez eu pour quelle huile. Pourquoi ? Ces huiles contiennent des molécules de type alcools, esters, aldéhydes… C’est pas votre boulot à vous, mais votre pharmacien spécialisé procédera par élimination pour vous conseiller une autre huile essentielle. Car c’est son job à lui, par contre…

Pas d’affolement, les huiles essentielles sont tellement nombreuses qu’il en existe forcément une autre qui propose un effet très proche de celui que vous recherchez !

 

2 – La dermocausticité :

Ça c’est un truc que je vous souhaite de ne jamais tester… C’est ni plus ni moins une brûlure !

Contrairement à la réaction allergique, cet effet secondaire ne dépend pas de votre réaction à vous. Tout le monde est logé à la même enseigne ! Vous utilisez ces huiles de manière pure ? Pan ! Punition immédiate… Vous ressentez une très grande irritation dans le meilleur des cas, mais la plupart du temps, c’est une véritable brûlure type gros coup de soleil. Sans le plaisir du soleil…

Ça vous dit de savoir de quelles huiles on parle ? Ben tiens, je vous donne quelques exemples, mais seulement parce que c’est vous :

  • l’HE de cannelle : très utilisée par exemple en massage dans les problèmes digestifs de type aérophagie, constipation, colite… Mais aussi dans les cas de bronchite, grippe ou rhume.
  • l’HE de lavande aspic : utile dans les cas de rhinite, rhinopharyngite, sinusite… ainsi que pour les spasmes musculaires, crampes, contractures…
  • l’HE de gaulthérie couchée : dans les cas de tendinite, arthrose, arthrite, migraine, céphalée…
  • l’HE d’origan : contre les diarrhées infectieuses, les dermatoses, mais aussi la grippe, les bronchites…
  • l’HE de romarin à verbénone : détoxification du foie et de la vésicule biliaire, digestion difficile, arythmie, tachycardie…
  • l’HE de menthe poivrée : très utile pour tout ce qui provoque des spasmes. Choc, coup, règles douloureuses, migraines, nez bouché…
  • l’HE de giroflier : inflammation ou spasme de l’intestin (grêle ou colon), rhumatismes, arthrite ou arthrose….

Je m’arrête là, mais la liste n’est pas exhaustive !

Revenons à nos moutons… Vous avez compris que ces huiles essentielles sont responsables de brûlures. Alors comment faire pour s’en servir ? Et bien, il vous suffit de les diluer dans une huile végétale adaptée au massage, pour obtenir une dilution entre 5 et 20 % en fonctions des huiles.

Bon, et si y’a problème ? Si malgré toutes vos précautions votre peau entre en contact avec une huile dermocaustique ?

  • 1er réflexe : aspergez la zone avec de l’huile végétale (huile de massage voire huile de cuisine !) pour diluer l’huile essentielle encore en surface et diminuer sa dermocausticité !
  • 2ème réflexe : tamponner quelques secondes avec un coton hydrophile pour tenter d’en absorber une bonne partie.
  • 3ème réflexe : rincer votre peau sous l’eau courante froide pendant 5 minutes top chrono ! Pas 4 minutes 30, pas 4 minutes 45… Non ! 5 minutes au moins.
  • 4ème réflexe : traiter comme n’importe quelle brûlure. Par exemple, appliquer de l’huile essentielle de lavande officinale pure toutes les heures et masser avec douceur pour la faire pénétrer. Cette huile est sensationnelle contre les brûlures (testée et approuvée ! 😉 )

 

huiles essentielles

 

3 – La photosensibilisation :

Késako ? Certaines huiles essentielles, essentiellement les agrumes, vous interdisent de vous exposer au soleil dans les heures qui suivent… Si vous commettez cette erreur, vous ne ressentirez pas de douleur, contrairement à celles ci-dessus. En revanche, votre peau va se couvrir de tâches brunes ou rouges indélébiles ! On préfère éviter ça, pas vrai ? Attention, le risque existe même si l’huile essentielle est diluée…

Voici quelques huiles concernées :

  • l’HE de citron : calcules biliaires, constipation, ballonnements, gastroentérite, anxiété, asthénie, fatigue…
  • l’HE de mandarine : épidémies hivernales, tensions musculaires, crampes, courbatures, détoxification du foie, ballonnements, nausées…
  • l’HE d’angélique : là aussi, troubles digestifs, affections hivernales, mais aussi syndrome prémenstruel, hypertension artérielle…
  • l’HE de bergamotier : psoriasis et eczéma, ballonnements, spasmes digestifs, irritabilité, insomnies…
  • l’HE d’orange amère : douleurs articulaires, dermatoses, troubles de l’humeur, insomnies…

Le moyen d’éviter la photosensibilisation ?

Rien de plus simple… Si c’est possible, utilisez ces huiles seulement le soir, au coucher du soleil. Si vous êtes obligés de les utiliser le matin, alors portez des vêtements couvrants, même en été… de sorte que votre peau ne soit pas exposée aux ultra-violets. Et gardez quand-même en tête que l’effet photosensibilisant dure jusqu’à 12 heures, même si l’apogée est à 1 heure après l’application…

Et se laver avec du savon ne suffit pas à supprimer cet effet indésirable. Donc quand vous vous en appliquez quelque part, pas-touche à votre visage ensuite, même après lavage des mains !

 

4 –  Le problème des huiles hormon-likes :

Ce problème est l’un des plus insidieux… En effet, une huile essentielle au pouvoir hormon-like, c’est une huile qui va avoir un effet similaire à  celui de certaines de vos hormones naturelles. Tout simplement…

Laissez moi aborder un peu le sujet du cancer… Rien de très drôle, mais vous n’êtes pas sans ignorer que le nombre de cas explose dans nos pays industrialisés. Malheureusement, à part pour les labos pharmaceutiques pour qui cette maladie représente une manne…

Sachez qu’il existe globalement deux grands types de cancer.Les cancers hormono-dépendants et ceux qui ne le sont pas.

Un cancer hormono-dépendant est lié à une tumeur qui se développe dans un tissu dont le fonctionnement est lié à une ou des hormones. Par exemple, un cancer de la prostate se développe sous l’influence de la testostérone. 60 à 70% des cancers du sein se développent sous l’influence des œstrogènes. Mais ces hormones ne permettent le développement des cellules cancéreuses que lorsque celles-ci sont équipées des récepteurs pour les recevoir.

Il existe donc des cancers non hormono-dépendants. Ceux-là ne sont pas stimulés par le fonctionnement hormonal… Je pense que vous avez compris en quoi ce problème vous concerne si vous utilisez les huiles essentielles, n’est-ce pas?

Si vous souffrez d’un cancer, il est fort probable que vous ayez envie d’utiliser les huiles essentielles, ne serait-ce que pour apaiser un peu vos angoisses ou votre lassitude. Mais vous devez absolument vous faire accompagner par un aromathérapeute professionnel ! Il ne s’agit pas de choisir la mauvaise huile, celle qui vous soulagera par son parfum ou l’un de ses effets, mais qui stimulera sournoisement le développement de la tumeur !

Voici quelques huiles essentielles concernées :

Ce sont notamment des HE qui contiennent  certains esters ou des sesquiterpénols.

  • l’HE de sauge sclarée  : transpiration excessive, chute de cheveux, angoisse, déprime saisonnière…
  • l’HE de cyprès : bronchite, grippe, rhinopharyngite, asthénie, transpiration excessive…
  • l’HE de niaouli : infection virale ou bactérienne, eczéma, tension musculaire, stress…
  • l’HE d’eucalyptus globulus : grippe, infection virale ou bactérienne, fatigue, anxiété…
  • l’HE de camomille allemande : arthrite, entorse, digestion lente, psoriasis, insomnie…

Là encore, ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres… Rappelons donc qu’il est absolument indispensable de vous faire accompagner par un spécialiste dans le cas d’un cancer plutôt que d’appliquer n’importe quelle recette trouvée sur le net… Plus que jamais, l’aromathérapie est une médecine alternative, pas une médecine douce !

 

5 – Les HE neurotoxiques :

Certaines huiles couramment employées ne sont pas si anodines que ça… Ce sont les HE riches en cétones, molécules neurotoxiques. Mais au fait ça veut dire quoi ?

Ça veut dire tout simplement que ces huiles provoquent un empoisonnement à petit feu du système nerveux, rien que ça ! Vous savez que les huiles essentielles se mélangent dans une huile végétale, c’est à dire dans un corps gras…

Or votre système nerveux en est plein, de lipides qui interviennent dans la conduction des influx nerveux. Si les substances toxiques viennent se loger dans vos neurones, je vous laisse imaginer les dégâts !

Et l’effet serait cumulatif… Les plus dangereuses ne sont d’ailleurs disponibles qu’en pharmacie et sur ordonnance médicale. Mais certaines d’entre elles sont très souvent utilisées par les amateurs en quête de moyens naturels de se soigner…

Ces huiles neurotoxiques doivent être évitées chez les femmes enceintes, allaitantes, les épileptiques et les enfants de moins de 8 ans… Et leur usage ne doit pas dépasser 3 semaines, grand maximum ! Vous entrouverez quelques exemples dans les rubriques ci-dessous.

 

Si vous souhaitez apprendre à soulager vos douleurs avec les huiles essentielles, visitez cette page, ça pourrait vous intéresser.

 

6 – Les HE hépatotoxiques :

Les méfaits de l’alcool, sans le plaisir du bon vin !… Ce problème d’hépatotoxicité se manifeste lors d’une prise par voie orale. Et les huiles incriminées sont les huiles riches en phénols… Donc pas de traitement interne au long cours ! Il est conseillé d’utiliser ces huiles par voie interne pour un maximum de 5 jours puis de changer de famille d’huile essentielle si on doit prolonger le traitement.

Méfiez-vous des huiles essentielles à CT thymol, eugénol, australol ou carvacrol.

Ce sont par exemple celles-ci :

  • HE de thym vulgaire à CT thymol : angine, sinusite, infection urinaire ou génitale, stress…
  • HE d’ajowan : colite infectieuse, mycose cutanée, panaris, rhumatismes, infection urinaire…
  • HE d’origan : diarrhée infectieuse, angine, grippe, asthénie, déprime…
  • HE de cannelle de Ceylan « écorce »: verrues, digestion lente, somnolence, spasmes intestinaux…

Ces huiles essentielles peuvent très facilement être utilisées aussi en cuisine pour agrémenter certains plats… Mais il faut se contenter d’1 ou 2 gouttes au maximum… et autant utiliser le thym de votre jardin, ou les bâtons de cannelle séchée.

 

7 – Les HE abortives :

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais à notre époque, il semble que de plus en plus de couples ont du mal à avoir des enfants naturellement. Les problèmes de fécondité, autrefois assez rares, sont de plus en plus fréquents. Il n’est pas question ici de débattre sur les raisons, mais il semble que la qualité de notre environnement et de notre alimentation soit en partie responsable !

Bref, ce n’est pas le sujet ici ! Mais voilà… L’utilisation aveugle de certaines huiles essentielles peut engendrer une catastrophe pour de futurs parents qui attendent un enfant. En effet, il existe des huiles essentielles qui favorisent un avortement spontané !!!

Imaginez la douleur et la colère ou la culpabilité des futurs parents… Il est donc essentiel de s’abstenir d’utiliser ces huiles essentielles lors de la grossesse. Elles traversent la barrière du placenta, venant créer des dommages irréversibles au futur bébé.

Ce sont encore essentiellement les huiles essentielles à cétones… Toutes les cétones n’ont pas la même dangerosité, mais dans le doute, mieux vaut les laisser de côté. Heureusement pour nous, les plus dangereuses ne sont vendues qu’en pharmacie depuis une loi parue au JO en 2007.

Quelques huiles essentielles concernées :

  • HE d’aneth : bronchite, flatulences, déprime saisonnière, nausées…
  • HE d’hélichryse italienne : hématome, arthrite, entorse, choc émotionnel, dépression…
  • HE de lavandin super : brûlure au 1er degré, hypertension artérielle, otite, crampes…
  • HE de menthe poivrée : rhume, douleur musculaire, céphalées, intestin irritable…
  • HE d’hysope officinal : asthme muqueux, bronchite, rhinite, stress…

… et bien d’autres ! Demandez toujours son aval à un professionnel avant d’utiliser une huile essentielle pendant la grossesse.

 

8 – Les HE épileptogènes :

Là aussi, il s’agit d’un cas un peu spécial… Avez-vous déjà assisté à une crise d’épilepsie ? Les moins violentes se manifestent par de « simples » absences avec une fixité du regard, et les patients ne se souviennent de rien du tout. En revanche, lors des crises les plus graves, on observe souvent une chute avec perte de connaissance, des contractions musculaires violentes, mouvements convulsifs, éventuellement une morsure de la langue et une vidange de la vessie…

Ces décharges électriques qui affectent le cerveau sont la deuxième pathologie neurologique en France, après la maladie d’Alzheimer… 600.000 patients sont concernés et près de 3.000 décès chaque année, faute d’une prise en charge inadaptée !

Donc… si vous connaissez une personne (ou si vous êtes vous-même) épileptique, il est formellement déconseillé de vous traiter tout seul avec les huiles essentielles ! Certaines cétones mono-terpéniques notamment sont épileptogènes, c’est à dire qu’elle vont favoriser la crise d’épilepsie si le cerveau a décidé de vous jouer un petit tour, le farceur !

Voici quelques exemples de ces huiles épileptogènes :

  • HE de cannelle de Ceylan « écorce »: verrues, digestion lente, somnolence, spasmes intestinaux…
  • l’HE de niaouli : infection virale ou bactérienne, eczéma, tension musculaire, stress…
  • l’HE de romarin à cinéole : rhinopharyngite, affections hépatiques, candidose, otite, crampes…
  • l’HE de lavande aspic : brûlure, escarre, sinusites, crampes, contractures…

 

 

Soyez prudent, mais ne paniquez pas non plus…
Sachez que les huiles essentielles les plus simples sont moins toxiques que du sel de cuisine ! Il faut donc en consommer une plus grande quantité que du sel de cuisine dans une journée pour avoir des problèmes de santé aussi important qu’avec le sel… Et quand on sait que la majorité des traitements conseillés sont de 2 ou 3 gouttes jusqu’à 8 gouttes, vous ne risquez pas grand-chose.
 
En revanche, si vous utilisez une huile essentielle faisant partie d’une des familles décrites ci-dessus, soyez très vigilent, le mieux étant de demander son avis à un professionnel qui les utilise quotidiennement. Et en cas d’erreur de dosage ou de choix d’huile ayez le bon réflexe :
  • pour une utilisation par voie externe, rincez très abondamment avec une huile végétale, de cuisine par exemple.
  • pour une utilisation par voie orale, avalez une grande quantité d’huile végétale de cuisine afin que celle-ci capte le maximum d’huile essentielle.
A vous maintenant de découvrir les nombreuses possibilités des traitements disponibles avec l’aromathérapie.

Si vous souhaitez apprendre à soulager vos douleurs avec les huiles essentielles, visitez cette page, ça pourrait vous intéresser.

 

1 Comment

  • perrot

    Reply Reply 4 janvier 2017

    article très complet. merci

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